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Saturday, February 24, 2018

Word Dépôt - WRITING ABOUT WRITING (WD-38)

This morning.
In a SUV.
On our way.
Laval-Ottawa.

It was the first time in a very long time that i did not have a (serious) talk about my art.
Quick, concise, but oh so effective.

How are my writing projects evolving?
What's happening in that department?
Am I making progress?
What should I be focusing on first?

It's all a matter of putting things in perspective.i guess.
Make a good writing plan.

Make the sparkle illuminate the sky again.

Thanks Sal for having that (small but effective) talk with me.

It made me feel good.

Now, let's go forward...

-30-

Muzik pairing :

Let's Go Crazy - Prince


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Thursday, April 16, 2015

Station 2 Station : FOOD Station (26)

Station réglisse.

Deux boules de crème glacée passées 23h00.

La sonnerie se fait entendre pour avertir les passagers que le train s'apprête à démarrer... Last call, folks!

Une belle grande blonde aux jambes interminables court de toutes ses forces pour tenter de ne pas louper le départ... Son parfum aux effluves d'ailes de poulet ouvre l'appétit des gens sur son passage.

Elle réussit finalement à se faufiler entre les deux portes du train, comme une tranche de  fromage entre deux boulettes de viande, alors que celles-ci sont en train de se refermer sur elle comme les puissantes machoires d'une tortue atomik.

Une fois avalée à l'intérieur, elle perd pied sur un berlingot de lait traînant sur le plancher crasseux et renverse son latté sur la jupe couleur saumon d'une veillarde assise près d'elle sur un banc jaune citron.

Délicieuse entrée en matière, vous me direz!

Dans le train, nous sommes tassés comme des sardines... L'air est suffocant : on se croirait dans une friteuse!

Tiens, c'est Madame Laframboise qui est en pleine discussion avec le boucher du coin. Ce dernier n'a pas dû se brosser les dents depuis sa dernière agape, car de longues particules de viande froide sont restées prises dans son épaisse barbe (à papa).

La grande blonde en question désire s'éloigner de la tumulte des portes et se fraye un chemin à travers les carcasses environnantes.

Méchant buffet d'individus : elle passe tout d'abord devant un type musclé dont les bras ornent un délicieux hamburger sur chaque bicep un guise de tatouage gourment...

Puis il y a cette grande échalotte insignifiante qui refuse de bouger pour la laisser passer.

Misère.

Elle n'a pas eu le temps de se trouver une place à son goût que déjà la voix familère de l'opératrice du train annonce déjà la prochaine station : Macaroni.

Zut!

Le train arrête sa course folle. Les portes s'ouvrent et les passagers se lance à l'éxtérieur du wagon comme des rôties sorties brutalement d'un grille-pain.

Sur le quai, des nappes de gens se déplacent. L'atmosphère est laiteuse. Crockpot in the making.

Les gens èrrent comme des légumes dans une minestrone.

À l'extérieur des murs du métro, les restaurants sont pleins à craquer : on digère ses ennuis et mastique ses désirs...

FOOD, FOOD, FOOD...

La vie est une sempiternelle spaghettata.

Eat till you drop!

Waiter!

Bon appétit!

-30-

Muzik pairing :

Milkshake - Kelis
Sci-Fi Wasabi - Cibo Matto
Bread and Butter - Devo
Ice Cream - Jean Leclerc
Red Red Wine - UB40
Waiter! - French B

















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Wednesday, March 25, 2015

Station 2 Station : Rouge kourse ou l'art presque perdu de savoir saluer son prochain (25)

8h00.
Ligne Orange.
Métro Cartier (ou plutôt dans les petites rues l'entourant).

Neige fondue.
Chaussée sèche par endroit, mouillée ailleurs. Mais dans les deux cas, sale. Et putain, komment!

On ne peut pas dire que le stationnement se fait de manière plus aisée avec ces banquettes de glace qui ornent le sol.

Comme à chaque matin, je marche le plus rapidement possible pour atteindre le métro.
Deux raisons justifient ce geste : primo, pour arriver au boulot à temps, secondo, pour brûler davantage de kalories. Eureka!

Comme à chaque matin, je rencontre ce joggeur vêtu de ROUGE. Je ne sais pas trop quel âge il peut bien avoir, mais il n'est ni jeune ni vieux. Il court un point, c'est tout...

Il a la grâce d'une gazelle. Il n'en est pas à ses première kourses, ça c'est certain.

Son rythme est assuré. Sa démarche athlétik et bien rythmée.

L'opinion que j'en ai est que cette activité soit une passion pour lui, une drogue, un passeport vers le bonheur.

Je ne sais pas à quoi il pense ou ce qu'il fait avant et après une kourse. Il ne semble pas apporter de l'eau avec lui. Que fait-il dans la vie à part courir? Quelle est sa nationalité? Quelles sont ses ambitions? Qui sait.

Mais ce qui me passionne le plus dans nos interactions, c'est comment elles ont évolué au fil du temps. Véritable kommunion vers le bonheur.

Les premières fois où nous nous sommes kroizés, nous avons échangé un simple signe de la tête en guise de salutation, un peu pour signifier : hey bro, c'est donc bien fucking kool ce que tu fais...

C'est devenu ensuite un signe de la main. Évolution des kommunications.

Puis, il a commencé à me dire un bon matin rempli de soleil...

Depuis un bout de temps, lorsque nous nous kroizons, je lui dis : bonjour, ça va bien? Oui et toi?

Dans notre société froide, aseptizée au Purell, izolée dans notre petite bulle numérik kotidienne, dans notre plazir solitaire comme des enfants-roi le matin de Noël, il est quand même extraordinaire de voir deux humains qui ne se connaissent même pas, prendre le temps, le kourage, voire le risque de même peut-être ozer ouvrir la bouche et échanger des formules de courtoizie qui semblent être éteintes comme de primitis dinauzores...

Et par le fait même pratiquer l'art presque perdu de savoir saluer son...prochain!

-30-

Muzik/video pairing:





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Tuesday, March 10, 2015

Station 2 Station : THE LOST ART OF READING A (PAPER) BOOK (24)

Wordz by Alfred Balcon

Tuesday morning. Cartier Metro.

It felt weird getting down the stairs in the subway today, trying to catch the morning train to get to work (on time).

I made it in just in time before the doors closed, feeling trapped like a mouse in a cat’s mouth.

The feeling got even weirder once I was confined in the small transportation space with all these strangers. Heavy winter coats and backpacks of careless students did not help the matter either.

I felt as if all eyes were set on me. Like a vulture scanning a prey. But why? I was not dressed differently than either other day. And I even had my favorite perfume on, the one that got me all those nice comments last week-end at my friend’s book launch.

Since there was an empty seat right in front of me, I decided to sit down. The man sitting next to me was sleeping, probably lost in some digital dream, a set of earphones plugged in his hearing organs.

I took a deep breath, sat up straight and decided to take a good look around me. Nothing had changed. Everybody was still staring at me, or should I say at what was being held between my two sweaty hands.

Oh my God! I was simply holding a… BOOK.

A real BOOK. Not a digital one, but a real BOOK made out of paper… Burroughs in wordz.

What was so horribly wrong with that?

A quick look at the crowd surrounding me made me realize that I was the only one with such an archaic artifact in his possession.

Everybody else was holding some sort of an electronic gadget in order to get informed, to listen to muzik or to just simply chill.

I felt like an alien.
Homesick.
Drowning in a pool of megabytes.

Different. Inferior. Even borderline stupid.

I felt so sick to my stomach…

As the doors opened at Jean-Talon Metro Station, I tried to get up, my stomach slowly starting to send the rest of the body signals that the greasy breakfast ingested early on was soon to be recalled outside of its walls (hasta la vista, baby), but I was forced to stay seated by what seemed to be two strong robotic hands.

Suddenly, THEY started to get closer to me. Closer. So bloody close.

I wanted to scream, but they all belonged to the same cult. It was no use.

A million fingers started to tear up my coat…

Until they could reach inside my shirt.

It seemed as if they were ALL looking for the same stuff.

The invading hands abruptly switched from the front to the back of my torso.

And a few seconds later, everything stopped moving. There was a deadly silence.

Their hands quit their insane bodily search cold turkey…

They had found whatever the fuck they were looking for.

I felt my skin being pulled. Stretched. But it did not hurt.
An unknown button was unexpectedly 
pressed in my back…

Switch on... Motherfucker!

I passed out as the lights went off…

When I opened my eyes again, I was one of them…

-30-

Karnet 219 / BOT 2015.1

Muzik pairing:

Me I Disconnect From You / I Die : You Die - Gary Numan

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Monday, February 16, 2015

Station 2 Station : RIP Playlist (23)

Ligne Orange.
Station Beaubien.
Matin.
Humide.
Pluvieux.

À l’extérieur des murs souterrains du métro, un orage.
Du tonnerre, même...
Ici et là.
On dit souvent que la mauvaise température est directement associée aux agisemments des gens qui la subissent…
Oh well.

Dans le wagon, on tue le temps comme on peut.
Indépendamment de notre look ou encore de notre situation personnelle/professionnelle, tous les moyens sont bons pour anéantir cette bête maudite, quotidienne, récalcitrante.
Mots croisés, ebook, livre papier, revue, tricotage, fouillage dans le nez, etc.

À côté de moi, un nerd boutonneux joue à Angry Birds sur son téléphone (plus) intelligent (que lui). Derrière moi, une couple d'amoureux lit Fifty Shades of Grey, le feu dans les yeux... Quelques pas plus loin, un homme d’affaires consulte le manuel d’instruction de son nouveau joujou (iPhone).

Certains sentent bon, d’autres puent.
Certains sont beaux, d’autres laids.
La race humaine est un véritable zoo!

Soudainement parmi l’air recyclé qui nous est craché par les ventilateurs crasseux, une brise fraîche parvient à mes narines.
Mes poumons en font le plein automatiquement. Un parfum de rose exquis tranche l’air artificiel et avec sa trace, mille souvenirs renaissent dans mon esprit…

Tout d’abord, celui de mon professeur d’anglais du cégep Edna, qui portait ce même parfum inoubliable.

Puis, les jardins de roses de Martha’s Vineyard dans le Maine en plein été. Je marche comme un funambule, hypnotisé par cette potion magique, en direction de la source de tous ces plaisirs oflactifs.

Chemin faisant, je croise des légions d’odeurs malfaisantes : sueurs infernales, bagel déjeuner à saveur de vomi, haleines à réveiller les morts, sous-vêtements poisseux, etc.

Miracle, à quelques squelettes de moi, un banc libre. Autour de ce dernier, un vieillard à la canne tremblottante, une femme trop enceinte, un étudiant en béquilles ainsi qu’un mendiant affaibli par mille et une nuits d’abus et d’insuffisance alimentaire….

Je m’approche. Plus proche. Encore plus proche. J’attends de voir si quelqu’un va prendre ladite place. Je l’offre à tout le monde. Mais personne ne la prend. Je m’élance. Je m’asseois. Tout le monde continue ses activités comme si de rien n’était.
Quel bonheur de m’être enfin rapproché de ce jardin de roses…

Je cherche la source des yeux et je réalise tout à coup que c’est la petite vieillarde assise à mes côtés qui dégage ces exquises effluves. Odeurs bienfaisantes. Kalpin à la main, elle écrit. Ses pommettes rouges et ses cheveux blancs bouclés lui donne un air à croquer. Probablement une grand-maman des plus cools…

« Votre parfum est tout à fait exquis », dis-je à la sextogénaire…

« Merci, votre politesse me séduit l’âme », répondit-elle sur un ton monocorde des plus zen…

Je me questionne à savoir ce qu’elle est en train d’écrire dans son petit kapelin jaune. Liste d’épicerie, recette de tarte?

« Ni un ni l’autre, mon cher », s’exclame ma voisine sans même qu’un seul mot sorte de ma bouche…

« Mais quoi alors », dis-je, estomaqué par l’étrangeté du moment.

« Suis en train de fabriquer la playlist de mes funérailles », m’explique-t-elle.

Mais elle a l’air si en santé…

« La vie ne nous appartient pas. Elle nous est prêtée, un peu comme une location de voiture. Tôt ou tard, il faut redonner les clefs au propriétaire. Les ténèbres peuvent évincer la lumière à n’importe quel moment, vous savez », lance la femme au parfum salutaire, en me regardant droit dans les yeux.

Je vous souhaite de conduire votre véhicule encore longtemps...

Cette phrase mourut dans sa tête avant même de pouvoir franchir le seuil de ses lèvres; la tête de la dame alla se fracasser contre la fenêtre, son cerveau éclatant instantanément sous le choc de l’impact. Le Seigneur l’accueillit à bras ouverts dans son jardin fleuri.

La collision des deux trains dans le sousterrain projetta le corps de la femme enceinte contre un des parois du véhicule, son énorme bedon alla s’écraser contre le métal, broyant du coup le fœtus en une bouillie incadescente.

Le corps du veillard fut transpercé par sa propre canne, aspergeant les autres voyageurs de ses fluides internes.

L’étudiant aux jambes plâtrées tomba à la renverse, son corps pulvérisé par le poids des centaines de corps décapités tombés sur lui…

Le mendiant attrapa un sandwich au vol avant d’aller s’écraser contre un banc : mourir le ventre plein avait toujours été l’un de ses plus grands fantasmes…

Pour ma part, j’eu juste assez de temps pour jetter un coup d’œil au karnet de ma défunte voisine avant qu’il soit projetté dans les airs pour m’inspirer à savoir ce qu’aurait pu être ma propre RIP playlist avant de fermer les yeux à jamais.


J’espère au moins que le Paradis sentira les roses…

Karnet 199 / BOT 2015.1

-30-

Muzik pairing :

Not As We – Alanis Morissette
Happy – Pharrell Williams
My Way – Frank Sinatra
One – U2
Mes amours mortes – Jean Leclerc
Et Pourtant – Charles Aznavour
We Are All Made Of Stars – Moby
Paradize / J’ai demandé à la lune – Indochine
Mourir – French B

Ray of Light - Madonna

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Thursday, January 15, 2015

Station 2 Station : Urbanités matinales (post froid sibérien) (22)

Métro McGill. Downtown.

Lendemain de nuit congelée.
Tout le monde est trop chaudement vêtu.
Peur du froid (démentiel) oblige.
Dans le wagon, nous somme collés, tous trop collés…
Même pas de place pour respirer.
Encore moins pour lire.
Les gens ont l’air fatigués en chien.
Brûlés.
Brûlés par le froid?

Je marche dans le long corridor près du Centre Eaton.
Mon déplacement s’organise à travers un espace truffé d’éléments sensoriels disparates.
Il y a les odeurs de fonds de bouteille de bière des sans-abri qui sont venus se réchauffer dans l’antre du métro.
Les cafés fumants des passants.
Les parfums cheaps de certaines voyageuses (beaucoup fucking trop) trop maquillées.
Les notes agressantes des musiciens du métro qui jouent du punk way trop tôt dans la journée.
Des mélanges olfactifs des plus corrosifs (muffins, pizza, senteurs de bas mouillés et aisselles post gym non douchées) se frayent un chemin à mes narines curieuses...

Je marche en captant tout, en m’appropriant en entier ces subtilités urbaines, peignant au passage ces réalités bigger than life sur la grande toile de mon imaginaire coloré…

Seul hic, je ne sais pas encore en ce moment où mes pieds s’arrêteront…

Karnet 166 / BOT 2015.1

-30-

Muzik pairing:

Freeways - Men Without Hats

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Tuesday, December 09, 2014

Station 2 Station : En rogne contre le temps... (21)

Mois de décembre. Début de soirée. Froid glacial. Pénombre bien installée…

Trois fois sur quatre, lorsque je marche du métro Cartier à ma voiture, je passe devant cette jolie maison.

L’été, le terrain est bien entretenu. L’hiver la voiture ainsi que l’entrée sont toujours déneigées, un set de pelle près de la porte d’entrée en fait foi.

Et trois fois sur quatre, il y a, dans le salon éclairé, cette petite tête grise à lunettes…

La plupart du temps, cette femme lit (livre, journal). D’autres fois, elle regarde la télé. Un combo, qui sait? Vit-elle seule? Aucune idée.

Elle a probablement soupé tôt et sa vaisselle est probablement déjà rangée.

Elle s’octroie un moment de pause probablement bien mérité, alors que JE marche en trombe vers ma voiture.

J’ai mille et une choses en tête : la leçon de piano du plus jeune, la pratique de soccer du plus vieux, le souper qui m’attend…

Une fois, la table ramassée, les enfants douchés et couchés : les factures à payer, les notes au prof à écrire au besoin, vérification de ce que l’agenda familial nous réserve pour le lendemain, la recherche d’articles en cours, la rédaction d’articles en cours, la facturation de mes clients, l’archivage de mes traineries, la rédaction de mon post du jour, le visionnement d’un peu de télé sur laquelle je vais probablement ronfler… Et j'en passe... Et j'en passe... Et j'en passe...

Ensuite… traîner ma carcasse jusqu’au lit (parfois je sens que je monte dans mon propre cercueil, mais bon…). M’assurer que mon réveille-matin (ou bombe à retardement) est bien programmé pour le lendemain, qui s’annonce déjà comme un marathon aussi bien garni. May God have mercy on our souls...

Tomber dans les bras de Morphée…

Sometimes wishing I never (fucking) woke up…

Devant les faits mentionnés ci-haut, je me/vous pose la question suivante : pour quelles raisons courir ainsi? Est-ce la dame en question a compris quelque chose que j’ai moi-même raté? Qui vivra le plus vieux entre nous deux? Pourquoi?


Karnet 124 / BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing:





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Saturday, November 15, 2014

Station 2 Station : L'homme illustré - PHA (Panneau Humain d'Affichage), part 2 (20)

Ligne Orange. Métro Cartier. 18h00. Vendredi soir. Foule disparate. Jungle Fever!

Juste avant de quitter ce lieu de transportation en commun, j'ai réussi à prendre une foto du mec que vous voyez ici.

Je me suis levé et j'ai pris cette shot, un peu comme on attrape un poisson inusité sur le bord d'un courant d'eau.

L'univers du tatouage en est un qui est vibrant et des plus colorés.

Le corps de la personne photographiée ici en était couverte de la tête au pied : crâne, visage, cou, etc. Mais lorsque l'on se sert de son corps comme d'une toile, à la manière d'un peintre en transe, comment est-il possible que tous les pièces du puzzle conservent leur signification? Un tatouage, maybe. Mais dix, vingt, trente. Impossible.

Dans une telle éventualité, notre carcasse  devient le reflet de notre consommation de masse. Junkie de tout, nous accumulons les trucs inutiles pour se créer un univers, une bulle, un échappatoire...

Note: prochain post, c'est mon 100e consécutif... Blog on!

Karnet 99 / BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing:

99 Red Ballons - Nena
Body to Body - Front 242

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Sunday, November 09, 2014

Station 2 Station : Regards radiografiks (19)

Vendredi soir.
Ligne orange.
Métro Mont-Royal.
Heure incertaine, en soirée entoucas...

Malgré la foule, plusieurs bancs sont libres. Je m'assois.

De l'autre côté de ma rangée, Reflet miroir.

Une fille prend place en même temps que moi sur une banquette en plastik orné d'un carré ROUGE.

Nous sommes à peu près du même âge.
Nous portons tous les deux des jeans (troués).
Mes Converse sont noirs...
Les siens, ROUGES.

Nous semblons tous les deux nous diriger vers la station Montmorency. Laval Beach.

Soudainement, nos regards se croizent.
Nos champs de vision s'interceptent.
Bloqués.
2 regards.
4 yeux.

Impossible de s'en déprendre...

Ses yeux sont perçant, percutants.

Ses organes okkulaires sont une véritable fenêtre sur ce qui se passe dans sa tête.
Une véritable salle de cinéma.

J'accède aux courts et long métrages de son esprit. En fucking 3D.

Voyages, amis, amours, famille, joies, peines, succès, erreurs, etc.

Tout à coup, elle cligne des yeux. Regards radiografiks suspendus.

J'en profite pour fermer les yeux, afin de limiter son intruzion dans MA salle privée.

Qu'a-t-elle vu?
Oh mon Dieu?
Moi qui...
J'espère que...
NON!

Station Momo. Terminus.

Tout le monde se lève. Elle en fait de même. Idem pour ma karkasse.
A ma grande surprize, je n'avais pas remarqué le chien Mira couché à ses pieds qui l'accompagnait...
Étranges regards...

Karnet 91 / BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing:

Sound and Vision / David Bowie
Love is Blindness / U2
Eurasian Eyes / Corey Hart
Road to Nowhere / Talking Heads

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Wednesday, October 29, 2014

Station 2 Station : NO SHOW (18)

Metro Berri. Mardi soir. Quelques poussières après 17h.

Tout allait bien dans mon parcours jusqu'à ce que la petite voix robotisée que je déteste tant se manifeste : interruption de service en raison d'un frein d'urgence (mon cul).

Ma frustration vient du fait qu'enfin pour une fois j'avais quitté tôt et que je me voyais arriver au bercail à une heure raisonnable.

La pas pire bonne nouvelle dans toute cette malédiction est que je ne suis jamais seul : livre, rédaction, blogue pour affronter ces intempéries du temps. Mais mon premier choix aurait été d'être avec mes proches...

Karnet 78 / BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing: 

Sabotage - Beastie Boys


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Monday, October 13, 2014

Station 2 Station : Mystérieux Chapo (17)

Journée X.

Heure inkonnue.

Station kelkonque.

Entre les rails de train, un chapo.
Seul au monde.  Entre deux mondes : ceux de l'imaginaire et de la réalité.

Un chapo sans tête accrochée après...

Un chapo sans artifices...



Un chapo d'une couleur brunâtre entouré de liquides décadents...
Huile?
Sang?

Likide organik ou biologik?

Mais à qui cette coiffure peut-elle bien appartenir?

Un homme? Un ogre? Un détektiv? Un personnage de conte? Un vendeur porte à porte?

Qui sait?

Bref, une histoire sans queue ni tête...

Karnet 61 / BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing:

Antartica / Men Whithout Hats

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Tuesday, October 07, 2014

Station 2 Station : Folie ou Génie ? (16)

Rue Tourangeau Ouest. Laval. Près du métro Cartier. Matin. Nuageux.

C'est là que je stationne ma voiture chaque matin.
Jamais au même endroit, signalisation oblige.

Des fois, je suis plus proche du métro proprement dit. Des fois, non.

Quand je dois me stationner plus loin, il m'arrive de garer mon tas de ferrail sur la rue Tourangeau Ouest.

Et lorsque je le fais, je passe immancablement devant le même immeuble à logements, dans lequel je vois immancablement le même type au torse nu assis dans ce qui semble sa cuisine. Au dernier étage. Avec vue sur la misère... Une seule ampoule éclaire la pièce. Mais fait : est-il assis devant sa tv ou encore devant un ordi?

Ceux qui connaissent mon esprit tordu et très kréatif savent que déjà dans ma tête cet homme doit être un écrivain fauché, mais qui invente des histoires extraordinaires, qu'il est peut-être sur le point de devenir le nouveau Clive Barker, qu'il mange pauvrement, mais s'alimente plutôt de substances hallucinogènes qui lui permettent de nourrir la bête de création qui dort en lui dans ces lieux où dékadents dans lesquels il cohabitent avec ses personnages imaginaires...

Peut-être que je me trompe et que ce n'est qu'un simple assisté social qui écoute des reruns de La Poule aux œufs d'or à longueur de journée...Mais je préfère de loin le scénario A! Write on, stranger!

Karnet 55 / BOT 2014.2


-30-

Muzik pairing : 

Légitime Démence - French B

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Monday, September 29, 2014

Station 2 Station : Station Lekture! (15)

Lundi matin.

Mes pieds traînent ma pauvre karkasse jusqu’au métro cartier.

Lundi matin. Lundi matin. Lundi matin.

Ces mots sombres et karnivores rézonnent dans mon esprit à la manière d’un effet sonore hypnotique dans une toune dub.

Écho.
Distortions auditives.
Vakarme cérébral.

Je m’approche de la station (de métro).

Je salue une connaissance qui passe en voiture. ROUGE.

Tout à coup, j’aperçois au loin une boîte en bois qui à l’air d’une kabane à moineaux. Kolorée, on la remarque des milles à la ronde. Si belle.

Je passe devant la chose en question, mais ma proximité m’indique qu’il ne s’agit pas d’une mangeoire à oiseaux, mais bien d’un dispositoir à livres.

Inédit. Génial. Du jamais vu!

Je ne connais pas ce concept du tout, mais ça a l’air kool. C’est une initiative urbaine mise de l’avant par le Gouvernement du Québec.

À ce stade-ci, je ne sais pas si cette boîte aux lettres (pas pire comme libellé, pas vrai?) est privée et que seuls les habitants du terrain sur lequel loge ladite station (de livres) peuvent y placer des livres…

Ou si n’importe qui peut ouvrir la petite porte et y placer ses bouquins inutilisés.

En tout cas, ça semble être un endroit d’échange, de partage pour les bouquins dont on ne se sert plus. Kommunion littéraire.

Je vais fouiller davantage le sujet et vous en jazer dans un karnet à venir. Mais si VOUS, cyberlekteurs, savez de quoi il en retourne, merci d’en informer la blogosphère à votre meilleure konvenance. La vie des bouquins en dépend…

WRITE ON!
READ ON!
SHARE ON!

Karnet 45 / BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing : 

Words - Madonna


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Friday, September 26, 2014

Station 2 Station : Métro noir et noir métro - PHA (Panneau Humain d'Affichage), part I (14)

Ligne Orange. Métro Jean-Talon. 8h00.

Pour certains, la vie est un arc-en-ciel. 

Plusieurs passagers se voulaient ainsi ce matin le porte-parole tout indiké de cette manifestation kolorée: 

Foulard rouge.
Gants bleus.
Bottes oranges.
Lunettes mauves.
Cheveux roses.
Dents jaunes.

Mais, lorske le métro a stoppé ses roues à la station Jean-Talon, une ombre noire est venue ternir ces joyeux pigments de bonheur.

Un ange noir, kornu, aux ailes plus grandes et obskures que les bas-fonds les plus éloignés des katakombes de Lucifer a fait son entrée dans le wagon. 

Souffle retenu. Fesses serrées. Vision d’horreur : le Prince des Ténèbres est parmi nous. Représentant en chair (déchue) et en os (dékadents) de Satan lui-même.

Cet oiseau de malheur est venu se placer juste en face de moi, comme koi j’attire depuis le début de l’humanité les personnes les plus étranges de l’univers dans ma bulle.

Dos à moi, j’ai pu observer les (nombreux) tatouages ki tapissaient son enveloppe corporelle. Mais parmi ce lot d’hiéroglyphes kutanés, ce sont définitivement ceux enkrés sur sa jambe et qui ne pouvaient k’officialiser son lien de sang avec son kousin malfaiteur, c.-a.-d. la vedette américaine satanike Marilyn Manson, ki ont le plus attirés mon attention.

Précis, perkutants, étranges / j’avais l’impression ke les jambes du type en kestion étaient de véritables reproduktions des pochettes des albums de Manson.

Je suis resté pendant de longues minutes à les fixer, jusqu’à ce ke le message enregistré annonçant ma korrespondance prochaine retentisse dans mes oreilles.

Next station : HELL…

Karnet 41 / BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing : Holy Wood - Marilyn Manson

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Wednesday, September 17, 2014

Station 2 Station : le parfum de l'ennui (13)

Ligne Verte. Station St-Laurent. Mercredi. 8h30.

Les portes du métro s'ouvrent et une masse de gens fait sont entrée dans le wagon déjà généreusement trop garni. L'Arche de Noé continue d'accueillir divers échantillons de la race humaine parmi ses rangs : des gros, des grands, des petits, des maigres, des blancs, des noirs, des jaunes...

L'air ambiant est assaisonné dans toute sa splendeur par le spectrum de ces épices envoûtantes...

Parmi le lot, une femme à la posture imposante se fraye un chemin dans la marée des passagers.

Il n'y a pas que sa taille qui soit imposante, mais également le fardeau de la vie qu'elle porte sur ses épaules : des sacs d'ordures avec toute sa vie tapissée au fond, des couvertures (souillées), des bottes attachées autour de sa taille. On aurait dit le pendant féminin de Robinson Crusoe, version trash urbano-dékadente...

Les gens en ont peur. Ils se tassent. Les journaux d'échappent sur le sol. Les cafés se renversent sur les tailleurs blancs des femmes d'affaires pincées qui hurlent en voyant leurs derniers achats en provenance de chez Holt Renfrew souillés par ces liquides chauds perturbants. Certains en profitent pour débarquer comme certains se sont lancés en bas de la tour brûlante le jour de 9/11...

Pas moi. Je reste à ma place. Debout. Je ne bouge pas d'un seul cheveux. Last man standing dans l'arène à l'approche du taureau fou. Pis je porte du rouge en plus, fuck!

Comme dans le naufrage du Titanic, elle s'approche de moi, passe tout tout près de moi, ses artifices nauséabonds m'akkrochant au passage, crevant se faisant l'hymen invisible de ma bulle matinale, exposant ainsi mon vrai moi au visage de l'humanité...

Comme un dix-roues sur une autouroute glacée, elle pivote sur elle-même, fait un méga u-turn et stationne son popotin hippopotamien sur le pauvre petit banc de plastik situé à deux pas de moi et qui n'avait jamais auparavant expérimenté un tel supplice.

Nos regards se kroizent et se lock comme dans les films d'horreur. Nos yeux prisonniers les uns dans les autres. Quelle surprise lorsque j'entends une toute petite voix douce faire son chemin parmi toutes ses épaisseurs de spleen pour s'exkuser de m'avoir accroché au passage. Une fonation insolite et d'une douceur insoupçonnable, comme tenu du personnage duquel elle émanait...

Soudainement, les ténèbres s'éclaircissent, l'air se purifie. Les effluves de vomissures, de regret et de mélankolie sont gaiement remplacées par un jardin de rose, un bouquet de lilas ainsi que par un panier de pêches au fumet enivrant...

Son parfum de l'ennui avait été distillé par le diffuseur de mon acceptation... J'en étais grandi, mis à niveau dans ma kompréhension de la face cachée de la race humaine, quelle qu'elle soit...

Karnet 32/ BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing :

Rock'n' roll pauvreté - Jean Leloup





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Thursday, August 28, 2014

Station 2 Station : bébé boit/enfant tue - vu et lu, la dualité de la vie s'expoze à nos yeux (12)

Ligne Orange. Quelle station de métro? Who cares!

1

vu : assis au même banc deux jours de suite. Il y a la même gomme collée sur le mur en face de moi, signe que le ménage est pris aussi au sérieux que les nizs-de-poule dans cette foutue ville...

À deux pouces de moi est assize une ado aux cheveux rouges, aux jeans décontabarnouchés et au regard fuck-la-vie. Entre ses mains, Aliss de Senécal.

À ma gauche, une maman, habillée d'une salopette de jeans ainsi que d'un sourire rayonnant, se tient debout, son dos sur la porte qui sépare les deux trains. Dans un sac à dos frontal, un bébé qui dort. Quelque secondes plus tard, ce dernier se réveille en pleurant. A-t-il eu peur? Non, c'est tout simplement des pleurs de faim. Et hop, en moins de deux, la mère, tasse la bretelle de son survêtement, va chercher son sein, chargé comme un pistolet à lait et bam, insère le mamelon dans la bouche du petit affamé. Une seconde plus tard, plus rien. Le silence du réconfort : bar laitier sous-terrain...

2

lu : plusieurs heures plus tard, disons assez pour que le calendrier ait tourné sa page, même endroit, même heure, même lieu. Seuls les personnages changent. À trois pouces de moi, un type à la barbe plus longue que la durée de vie d'une batterie achetée au dollorama lit attentivement, passionnément sa Bible.

À ma droite, une grassette aux lunettes aussi sales que les toilettes d'un aéroport scan furtivement les nouvelles du jour dans la feuille de choux matinale. Au bas d'une page quelquonque, on y raconte qu'une fillette de 9 ans a accidentellement tué son prof de tir en servant malhabillement d'un Uzi, un fusil mitrailleur... What the fuck? Mais quels parents dingues permettent à leurs enfants de prendre des cours de tirs à cet âge-là... Ou à n'importe quelle âge. Only in the fucking USA! Métro arrive à destination. Je débarque. La vie est un drôle de pistolet... Et nous sommes les munitions de son triste destin.

Karnet 12 / BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing :

William Burroughs shooting session. Video by Andrea Di Castro. Lawrence, Kansas,1995.

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Wednesday, August 20, 2014

Station 2 Station : CHOIZIR SA MORT (et l'art de l'impozer aux autres)

Métro Cartier, Laval, beaucoup trop tôt le matin…

Je gare ma voiture à mon spot habituel. Une fois les portes verrouillées, je marche en direction du métro. Un chat noir (la tête, le ventre, les pattes et la queue) et blanc (le bout des pattes et des oreilles) traverse la rue à toute vitesse sans daigner regarder si une voiture se pointe d’un côté ou de l’autre. Je tiens ma respiration. Minet écervelé se rend enfin sain et sauf sur le trottoir adjacent et une fois que ses 4 pattes touchent le ciment carrelé, je respire à nouveau…

Je descends la rue vers le métro. Un dame à la casquette mauve et au pyjama à motif des années 60 étend son linge sur la corde, malgré les nuages qui menacent de bousiller son opération séchage. Un doux parfum de citron flotte au-dessus de son balcon et se fraye un chemin jusqu’à mes narines. Les oiseaux chantent a capella. Je passe devant les distributeurs de journaux du matin, sans rien prendre. J’ai assez à lire dans mon sac pour le moment.

Une fois entré dans le métro, je descends les marches (livres à fondre obligent), deux par deux et passe les tourniquets. Mais avant de m’engager vers la passerelle, le karnet de la veille de Jean Tremblay à propos du suicide se reload automatiquement dans mon esprit comme une alarme de réveille-matin. Ding!

La personne qui a tenté de s’enlever la vie hier a-t-elle réussi son coup? A-t-elle succombé à ses blessures ou a-t-elle été sauvée au grand désarroi de sa mission suicidaire amèrement avortée?

Soudainement, je regarde les gens passer à côté de moi. Devant moi, il y a le jeune couple qui se tient par la main et qui se french-kiss à qui mieux mieux avant de se laisser pour une autre journée de dur labeur. Juste à côté, un mec ultra trop sportif, la crinière remplie de gel cheap, les bras plus découpés qu’un cadre de porte en pleine opération peinturage. Derrière moi, une petite dame au dos arqué, marchant à pas de tortue, tente désespérément de rejoindre le quai avant l’arrivée du prochain train, l’expression de son faciès étant directement proportionnelle à la souffrance kauzée par ses pauvres chétives jambes chambranlantes.

Ces personnes sont-elles des bombes à retardement? Sont-elles heureuses seulement aux yeux du publik, mais retombent dans leur dépression quotidienne une fois la porte de leur logis verrouillée derrière eux?

Et la personne d’hier, pourquoi a-t-elle choisi le métro pour mettre fin à ses jours? Pensons un instant comment s’y sont prises dernièrement certaines célébrités : la femme de Mick Jagger s’est pendue avec un foulard, idem pour Robin Williams, mais lui c'était avec une ceinture. Kurt Cobain? Avec un revolver. Bang! Et que dire de Nelly Arcan trouvée sans vie au cœur de son oasis de création. Mais qu’ont donc en commun tous le cas rapportés ici-haut? Ils/elles se sont tous enlevés la vie dans le (dé)confort de leur foyer. Tout seul au monde, inondés par un tsunami de self-mépris.

Alors pourquoi choisir un lieu publik comme le métro pour s’enlever la vie? Pourquoi, en plus de mettre fin à ses jours, faut-il du coup paralyzer toute une ville? Est-ce comme une sorte de douce vengeance contre une société qui nous a abandonné/méprizé/torturé? Un peu comme quand les grévistes bloquent des rues pour revendiquer leurs droits?

Dans ce même (dés)ordre d’idées, il est surprenant de voir komment d’autres lieux publiks ont été jusqu’ici ignorés pour ce genre de sortie morbide théâtrale...

Imaginez :
À la piscine publique : en plus de s’enlever la vie, on gâche les vacances estivales des baigneurs…
Lors d’un mariage : un personne se tire une balle dans la tête pendant la danse d’ouverture, aspergeant la robe de la mariée de notre rivière rougeâtre ou encore une personne s’empoisonne avec un flacon de pilules en face de la fontaine de chocolat…
Durant un match de hockey : qqn se jette en bas des gradins, juste aux pieds Orange Krush de Youppi. L’occasion idéale pour enfin passe à la TV. Suicide sur écran géant… Lunettes 3D en sus…
Parade du père Noël : se jetter en bas du balcon d’un gratte-ciel pour venir s’écraser dans le traineau de Saint-Nicolas, traumatisant chemin faisant tous les petits présents… Bad Santa!

Et j’en passe…

Oui, le suicide est un geste horrible, malheureux qui devrait ne plus survenir de nos jours avec toute l’aide qui peut être apportée aux gens qui souffrent de dépression chronique et qui sont dans le besoin. Mais ceux et celles qui ne peuvent empêcher leurs élans self-meurtriers, à la manière d'une grenade désamorcée ou encore d'une attak de diahrée, ne devraient-ils pas le faire discrètement, en privé (mais là ô chers lekteurs, j’entends déjà les voix se lever pour me pointer du doigt, comme une mitraillette sociale, scandant à l’unisson que devant l’inévitable, devant l'appel de la Noirceur, lorsque tend la main la Faucheuse, lorsque le déklik se fait et bien que rien, rien, mais absolument fucking rien au monde ne peut arrêter ce geste sans lendemain de se concrétiser et d’engendrer la naissance d’une mort non annoncée…), sans pour autant empoisonner les autres de leur souffrance?

Exit.

Karnet 3 / BOT 2014.2

-30-

Muzik pairing :




 + Mourir des French B.

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Wednesday, July 16, 2014

Station 2 Station : kel bo bb (11)

Station Sherbrooke.

17h45.

1-Bain de foule.

Full de bruit.

Bruit de train.

Train en marche.

Marche à suivre.

Suivre la ligne (orange).

Ligne d'attente à la prochaine station.

Station de service.

Service de métro.

2-Maman entre.

entre dans le train.

Train de vie.

Vie de bébé.

Bébé qui dort.

Dort sur ses deux oreilles.

Quel beau bébé!


Karnet 18 / 24 fucking jours

-30-

Muzik Pairing:

If Only Tonight We Could Sleep - The Cure





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Wednesday, June 04, 2014

Station 2 Station : Paresse Kollective (10)

Métro Cartier. Ligne Orange. Laval. Lundi matin.
















Bruit, chaos, zoo humain...

Je me traine de ma voiture au métro. Une fois dans les entrailles de tunnel, je descends vers son coeur.

Mais avant d'arriver aux guichets, c'est le chaos. Le free for all!

Bain de monde. Des gens en ligne, partout. Pire qu'une prévente de show de U2.

Des femmes, des hommes, des étudiants, des je-ne-sais-trop-quoi...

Quel bordel? Mais pourquoi donc toute cette zizanie?

Ah, j'oubliais, c'est le premier du mois? Mais premier du mois ou non, pourquoi tout cet amas?

Pourquoi les gens attendent-ils ainsi à la dernière minute?

N'ont-ils pas autre chose à faire de plus intéressant de leur vie que de faire la file, alors qu'ils auraient pu recharger leur passe de train auparavant?

Voici 10 choses de mieux à faire que de perdre son temps dans une file inutile pour acheter sa passe de métro:

1- être assis confortablement dans le métro, en route vers sa destination...
2- être au café du coin en train de regarder tous ces innocents en ligne pour rien...
3- marcher dehors et compter le nombre de mégots de cigarettes qui trainent par terre...
4- marcher son chien...
5- passer par le guichet automatique pour vérifier ses soldes bancaires...
6- se lever plus tard ce matin-là...
7- se faire marcher par son chien...
8- arroser ses fleurs...
9- réorganiser sa collection de comic books...
10- écrire une chronique sur la paresse kollective des utilisateurs de métro qui attendent au premier au matin pour recharger leur passe de métro pour le compte du blogue uzinamo...

-30-

Muzik pairing :

A Drowning - How to Destroy Angels

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Saturday, April 12, 2014

Station 2 Station : krinch! kranch! krunch! (9)

Métro Henri-Bourassa.

8h30.

Sommes tassés comme des sardines (what else is new!).

Des sardines assorties, cela dit.

Il y a des sardines polies, d'autres non.

Les sardines aux sacs d'école jurassicoparkesques sont également nombreuses au rendez-vous...

Les sardines intello à l'accent fatiguant.

Il y a aussi les sardines qui aiment se faire remarquer avec leur tenues légères, pis les sardines YO avec leur fond de culotte trop bas laissant une vue béante sur la craque de leurs écailles...

Bref, plus j'observe ces sardines, plus on dirait qu'elles viennent d'embarquer non dans un métro mais bien sur un bateau.

Une arche.

Une arche urbaine...

Avec toutes les variétés de sardines et d'animaux sur Terre. C'est Noé qui en serait fier. Seules les sardines péquistes n'ont pas eu le droit d'embarquer à cause de la Charte de la Clupéidé...

Voilà qu'un nouveau specimen fait sont entrée...

Méchant colosse!

Gros jambon!

Un porcin qui aime lire (son journal du matin), mordre à pleine dent dans une saloperie de sandwich-déjeuner (au bacon) tout en grignotant (des Doritos). On dirait à un certain moment donné une pieuvre qui jongle entre toutes ces tâches avec ses tentacules prises en otage par une rapidité d'exécution des plus hurlantes!

Le bruit de sa gueule, forte comme un broyeur à ordures, résonne dans tout le wagon...

KRINCH!
KRANCH!
KRUNCH!

Mon trajet est presque terminé : on annonce que Berri sera la prochaine station.

Alors que tous les yeux sont tournés vers ce drôle de personnage, une question me traverse l'esprit comme une flèche enflammée : que doit faire Misteur Piggy avec la feuille de choix qu'il tient entre ses pattes infectes dont les pages sont bariollées de poudre orange (ça c'est le downside de bouffer des Doritos) et de taches de graisse? Recyclage ou déchet?

Méchante cochonnaille!

Berri-UQAM

-30-

Muzik pairing :

Circus - Britney Spears
When Doves Cry - Prince
March of the Pigs - NIN
Animal Boy - The Ramones
Hungry like the Wolf - Duran Duran











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